La Poste Minus – Atelier ce samedi !

Nous avons posé quelques questions à Noémie Béchu concernant son atelier de samedi… vous saurez tout sur la Poste Minus et les encres à fruits !
La Poste Minus, c’est quoi? Une poste pour les gens tout petits?

La Poste Minus, c’est un petit atelier de sérigraphie itinérant, qui vient à votre rencontre pour vous initier aux méthodes d’impressions.
La Poste Minus c’est pour les grands et les petits, pour les curieux et les timbrés..

Qu’est-ce qu’on va pouvoir faire pendant ton atelier, tu nous expliques un peu?

Vous allez pouvoir imprimer en sérigraphie, avec des Minus cadres et des Minus racles. Vous pourrez choisir des cartes postales déjà existantes ou en créer, customiser votre mot d’amour avec des oiseaux et des tampons.

Les encres à fruits, ça se mange?


Dans l’idée, oui elles sont comestibles et essentiellement constituées de fruits frais.

Mais le matériel de sérigraphie que l’on utilise n’est sûrement pas aux normes sanitaires. Alors plutôt que d’intoxiquer tout le monde, je vous apporterai des petits fruits frais et vous pourrez bien entendu mettre votre nez dans les pots d’encres à fruits.

Tiens, as-tu jeté un œil dans le reste de la programmation, est-ce qu’il y a le travail de quelqu’un en particulier qui t’a marqué?

Oh oui, plein! Déjà, il y a les copains, que je suis toujours fière de voir derrière leurs stands et beaucoup d’artistes que je suis de loin et que je suis curieuse de découvrir!

Supercoherent Printing Co – Marseille

Hello, qui êtes vous Supercoherent Printing Co ?

Le collectif originel est composé de Grégoire Mazeaud Marie Pierre Brunel Diane Etienne Pierre Pauselli & Antoine Grulier.

Super Coherent Printing Company est un groupe protéiforme, c’est le lien chaotiquement imprimé qui relie toutes nos pratiques personnelles et qui use de tous les médiums d’imprimerie possible et imaginable.
Notre collaboration est née d’une bouillonnante envie de faire sur le lieu de monstration, le tout dans d’un temps prédéfini, celui d’un festival par exemple.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le travail collectif ? Partagez-vous une esthétique commune, ou plus individuelle ?

Ce projet essaye justement de se créer un espace commun au delà de nos pratiques individuelles tout en prenant racine dans chacune d’elles. Nous partons souvent d’images tirées de nos travaux et/ou de ressources d’images personnelles, on essaye ensuite de sélectionner celles qui nous semblent plus propices à s’imbriquer ensemble et durant la performance le but du jeu est d’arriver à créer du lien entre toutes ces formes en maîtrisant une fois sur cinq les rencontres fortuites.


Ce qui nous intéresse également dans ce dispositif c’est qu’il reste le plus ouvert possible, autant sur les participants (on essaye à chaque fois d’inviter d’autres personnes) que sur le choix des images et sur la performance (on essaye d’avoir des machines différentes à chaque fois et de réfléchir à de nouvelles scénographies). Pour Charleroi c’est la première fois que l’on teste le dispositif à distance, on a du démonter pièce par pièce nos imprimantes pour les remonter sur place les yeux bandés, on va essayer de passer les contrôles vigi-pirate avec une presse de gravure planquée dans la poche arrière de nos jeans, c’est pas gagné.

Mon petit doigt m’a dit qu’une performance graphique se prépare pour le week-end du festival … On peut en savoir plus ?

Décidément on ne peut vraiment rien vous cacher ! Oui, le but étant de créer de A à Z des livres en jouant avec les outils que nous avons prédéfinis. Cette performance est aussi là pour décomplexer un peu de la création d’images, car ici nous expérimentons de manière prolifique à travers le vocabulaire graphique que nous nous sommes imposés, l’erreur fait partie du jeu et c’est justement elle qui donne le ton.

Parmi la liste des participants du festival, il y a t-il des travaux qui vous interpellent particulièrement ?

Pour être honnête, toute votre sélection a l’air super ! Nous n’avons pas encore regardé en détail tout le monde, beaucoup de projets qui donnent envie d’être vus et feuilletés pour de vrai ! Mais puisque vous insistez et qu’il faut choisir  ;  il a BANDE DE, Superstructure, Gargarismes, Papier machine dont nous connaissons déjà un peu le travail !

Quelques chouettes projets à nous faire découvrir ?

De notre coté nous aimerions renouveler l’opération avec énormément d’invités et dans pleins de lieux différents,  changer les formats aussi, travailler en beaucoup plus grand !

Surfaces utiles – Bruxelles

On a posé quelques questions à Justin, Olivier et Chloé de Surfaces Utiles qui ont des projets qui sortent de l’ordinaire !

Surfaces Utiles c’est un peu comme la collocation ? une façon de réduire les coûts en partageant ? Comment ça fonctionne ?

Oui en effet, c’est une partie de l’idée qui porte le projet. Mais en plus de faire des économies en partageant et en optimisant des surfaces d’impressions pour produire des livres, il y a surtout la volonté de limiter ou de valoriser les rebuts que génère l’industrie. Nous passons donc des « deals » avec les imprimeurs, papetiers, etc. qui nous permettent d’exploiter et de transformer leurs chutes.

C’est à l’intérieur d’une dynamique économique expérimentale que nous travaillons : en rendant possible des collaborations inattendues entre des pratiques dites de « bidouilles » et une industrie rodée et puissante. Il s’agit de jouer du grand écart qu’implique l’aller-retour entre l’art de la débrouille et les machines bien huilées aux cadences vertigineuses.

Nous sommes une maison d’édition à la structure légère et aux dimensions variables, nous cherchons le plus possible à utiliser les structures institutionnelles et industrielles existantes de nos collaborateurs-complices. De ce manière le format des livres, la technique d’impression, le temps de production, le nombre d’exemplaires, les couleurs et le papier dépendent de cette organisation. Surfaces Utiles est avant tout un artisanat, indépendant et quotidien, qui s’éprouve au contact de l’industrie et qui s’exprime dans l’acte de construire ensemble. En cela, c’est un peu différent que de cohabiter ensemble comme on pourrait le faire en collocation, construire implique d’agir sur son environnement alors qu’une collocation peut être seulement un moyen passif de faire des économies.

Pour résumer, il s’agit de considérer le laissé-pour-compte de l’industrie comme l’un des acteurs principaux de la transition économique et écologique, qu’il nous semble temps d’amorcer dans le champ du design éditorial. Le rebut industriel comme lien entre l’artisanat et l’industrie, entre le micro et le macro. Du recyclable naturel au recyclable industriel il n’y a qu’un pas, et la nature, dans sa localité, offre de la place aux artisans de la transition économique qui font le plus avec le moins. En ce sens, nous aimons définir Surfaces Utiles comme une entreprise éditoriale permaculturelle 😉

Surfaces Utiles c’est un projet collectif, vous pouvez nous dire comment vous avez décidé de bosser à 3 ? Comment ça se passe au quotidien ? Chacun a son rôle ? 

Nous nous connaissons tous les trois depuis nos études à l’école des Beaux-Arts de Rennes en France où on y a notamment monter un projet d’exposition et de livre autour du travail de Dieter Roth ensemble. Depuis ce moment nous savons que la discussion est fluide lorsque nous travaillons ensemble et Surfaces Utiles a été l’occasion de nous retrouver pour poursuivre cette dynamique.

Olivier : Surfaces Utiles est en fait la poursuite collective de la première expérimentation économico-éditoriale que j’ai initié : La Perruque, une revue de 1 × 90 cm imprimée en douce, dans les marges de tirages offset. Lorsque l’idée de créer Surfaces Utiles à émergée (à Bruxelles cette fois), Chloé et Justin m’ont très vite rejoint dans l’aventure et nous avons monté la maison d’édition ensemble. Depuis, c’est une sorte de maison mère : le cœur de notre écosystème à où nous y développons nos projets ensemble ou séparément. Aujourd’hui par exemple, Chloé et Justin s’apprêtent à rendre publique Stochaster, un logiciel qui s’adresse aux graphistes et aux imprimeurs en proposant une alternative aux trames d’impressions standardisées.

Vous êtes justement en train de travailler à une petite publication que nous allons coéditer ensemble avec Actes Nord pour promouvoir Stochaster. Vous pouvez nous en toucher un mot ?

Chloé et Justin : Oui, pour cette deuxième édition de Papier Carbone nous allons sortir « Stochastique », une édition qui renseigne en images la part du charmant désordre qui règne à Charleroi. Il s’agira en fait d’une mire d’impression qui éprouve à différentes échelles des motifs aléatoires générés grâce à Stochaster, un logiciel qui permet de tramer des images. Pour ces tests d’impressions, les images tramées ont été collectées par La Carolopostale 😉

Pour en dire un peu plus sur Stochaster, c’est un un logiciel qui permet de créer des motifs aléatoires personnalisables pour tramer des images. Les images bitmap qui en ressortent révèlent avec justesse tous les niveaux de gris grâce à ces motifs « intelligents ». Le dessin des motifs évolue selon la luminosité de l’image avec laquelle il fusionne. Ce sera un outil autonome destiné à tous ceux qui souhaitent trouver une alternative aux trames d’impression standardisées. Le logiciel couvrira un large éventail de domaines créatifs : graphisme, design, photographie, imprimerie. Il sera édité par Surfaces Utiles et disponible dès le 1er mars 2018 sur le site www.stochaster.org.

Vous avez regardé la programmation du festival ? Des coups de coeur ? Un livre que vous allez acheter ?

Oui, nous avons regardé la programmation et nous avons un coup de cœur pour le travail de Jean-François Flamey et particulièrement pour son livre « Non-Dits » qu’il a sorti aux éditions Yellow Now, à l’occasion de la biennale de photographie en Condroz. 

Nous sommes curieux de consulter son livre qui semble être conçu comme une promenade onirique. Ses photographies ont l’air d’avoir été oubliées et façonnées avec le temps ce qui leur confère une matérialité singulière. Pour ce que l’on a pu en voir jusqu’à présent, cette sensibilité permet à chaque personne d’y trouver ses propres clés de lecture. Le travail plastique mené sur chaque image est incroyable : le temps a l’air d’être suspendu à un moment clé décisif. Cette succession « d’instants » ainsi que leur montage remarquable créent une narration magnifiquement menée. C’est avec plaisir que nous ferons l’expérience formelle de ce livre récemment sorti.

Ritagada – Lille

Seulement deux petites semaines, et nous y seront ! Aujourd’hui, Sarah D’Haeyer, ou plutôt Ritagada, répond à son tour à nos petites questions concernant sa pratique.

Ritadaga – Lille, FR

RitaGada est une petite structure d’édition associative née en 2001 à Lille, spécialisée dans les livres d’images, pour enfants et/ou adultes. Aujourd’hui, j’édite plutôt des linogravures, des affiches en sérigraphie, des cartes postales en gravure sur gomme, en bref, des multiples.

J’utilise principalement la technique de la gravure en relief, dite « taille d’épargne » ; je creuse le linoléum, le bois, les gommes. L’obtention d’une matrice que l’on peut ré-encrer et réimprimer à volonté permet non seulement l’édition de multiples mais aussi les jeux de superposition, de surimpression, les mélanges de matrices anciennes et nouvelles, les répétitions et combinaisons de motifs, etc.

Les aspects éthiques et esthétiques se mélangent aisément et se soutiennent l’un l’autre. La petite structure autogérée est gage de liberté et d’indépendance, les réseaux sont souvent beaucoup plus solidaires, et les enjeux sont beaucoup plus souples et légers. Par ailleurs, les éditions en série limitée permettent l’utilisation de techniques plus populaires et plus manuelles, des tirages à la main mais en multiples tout de même, et à nouveau une grande liberté de choix et d’expérimentations dans les techniques et les matières.

Je fais beaucoup moins d’éditions de livres ces dernières années, et j’ai tendance à travailler seule. Mais je suis d’assez près les actualités des amis éditeurs et amies éditrices, sérigraphes, graveuses, etc. C’est un échange régulier de nouvelles, de matériel, de techniques, de bons plans, etc.

J’aime beaucoup certains quelques graveurs sur bois, précurseurs de ce qu’on appelle roman graphique, le magnifique Destin d’Otto Nuckel, les livres de Frans Masereel, les gravures de Félix
Vallotton.

A bientôt au festival pour découvrir ces magnifiques tirages !

Martian’s Parlor – Strasbourg

Colin Thil de Martian’s Parlor nous offre un petit moment pour nous parler de leurs préoccupations artistiques, littéraires, éditoriales et plastiques. Une équipe au sein de laquelle fourmillent de supers idées, c’est parti !

Martian’s Parlor – Strasbourg, FR

Martian’s Parlor est une association à but non lucratif fondée en juin 2016, par Julie Chane-Hive et Colin Thil. Julie et moi sommes tout les deux artistes plasticiens et avons chacun un travail et des préoccupations distinctes. Mais nous sommes tout les deux travaillés par un certain nombre de problématiques communes qui sont à l’origine de ce projet éditorial.

Qu’est ce qu’une publication d’artiste ? Comment un artiste plasticien peut-il se confronter à des modes de production et de diffusion établis ? Comment l’oeuvre d’un artiste peut-elle s’incarner à la fois dans des pièces plastiques et des formes plus littéraires ?

Créer une structure d’édition nous est d’abord apparu comme une étape dans l’évolution de notre travail artistique. J’avais écrit un livre que je cherchais à diffuser (L’enseignement de San Francisco), et il y avait aussi ce livre de Julie (Astérisme) que j’adorais. Notre ligne éditoriale s’est donc inaugurée avec deux projets plutôt littéraires mais néanmoins très différents. Nous nous sommes empressés ensuite d’éditer des projets d’autres artistes que nous connaissions et avec qui nous brûlions d’envie de collaborer.

Qu’est-ce qui vous intéresse le plus dans le travail collectif ? Partagez-vous une esthétique commune, ou plus individuelle ?

Je dirais que notre activité éditoriale a un double objectif.
Le premier est de rendre lisible et accessible le travail d’artistes qui nous passionnent, de leur faire rencontrer leur public, et de donner aux auteurs l’occasion de confronter leur travail aux contraintes de la production et de la distribution.
Le deuxième objectif est de stimuler des connexions entre les publications, et plus largement entre le travail de leurs auteurs. Les publications sur lesquelles nous travaillons peuvent prendre des formes parfois très différentes et nous ne pensons pas être attachés à une esthétique précise. Je dirais d’ailleurs que les points qui rapprochent nos auteurs sur plutôt des problématiques poétiques et théoriques. Nous prenons beaucoup de plaisir à observer ces questions apparaître au fur et à mesure de nos publications. Par ailleurs, l’hétérogénéité des publications est une caractéristique de Martian’s Parlor à laquelle nous sommes assez attachés.

Nous ne sommes qu’au début de notre aventure, mais je vois déjà quelques questions revenir :

– Quels sont les usages d’une oeuvre d’art ? (Manuel pour formes et constructions nomades, Hidden People)
– Quelles sont les frontières entre pratiques plastiques et littérature, peut-on parler de poésie en art plastique ? (L’enseignement de San Francisco, Astérismes)
– Quelle distinction entre art contemporain et divertissement ? (Hidden people, Untitled(the game))
Sans parler des publications en cours et des problématiques qu’elles vont relever chez les précédentes !

Enfin Martian’s Parlor est aussi l’occasion de générer des projets plus collectifs à travers le prisme de formes souvent ludiques (jeu de société, jeux vidéo…). Ces projets ont tous en commun d’être nés de façon très spontanée, lors de voyages ou autres expériences humaines entre les auteurs. Ces collaborations sont également l’occasion de confronter les méthodologies de travail et les univers d’artistes ayant chacun dans leur travail une singularité forte.

A travers ce super jeu, qu’avez-vous voulu transmettre? Est-ce un moyen de rendre l’art et la micro-édition plus ludiques?

Avec Hidden People, nous avons édité notre premier jeu de société. Il s’agit de notre première publication collective, elle est née durant un voyage en Islande qui a regroupé les quatre auteurs du projet. Le jeu a été imaginé collectivement sur place, puis chaque artiste a prit en charge la réalisation d’un élément du jeu.

Nous sommes assez attachés à l’idée que la publication fonctionne autant dans son pari de réunir en un objet un peu de la pratique de ses quatre auteurs, que d’être un bon jeu de société, drôle et auquel on prend toujours plaisir à rejouer. Le fait ne pas dissocier ces deux enjeux, a priori très distincts, est quelque chose de propre à notre vision de l’édition d’artiste. De ne pas simplement faire un jeu de société d’artiste, mais aussi de relever la dimension artistique de tout les jeux de société.

Ce projet n’est d’ailleurs pas le premier projet ludique de la maison d’édition, un autre devrait être publié cette année, il s’agit d’un jeu vidéo, réalisé par trois artistes, qui déjà avait posé chez nous la question de la collaboration, avec cette approche ludique. Toutes les informations sur ce projet sont ici !

Le côté ludique se ressent aussi à travers les vidéos qui accompagnent souvent les publications de vos projets, sur votre site. Est-ce une sorte de marque de fabrique?

Nous essayons de rendre les publications avenantes en nous attachant à mettre en avant leur contenu de façon inventive. Les vidéos sont pour nous une belle occasion d’apporter quelque chose de plus au projet. Elles ne mettent pas nécessairement en scène leur contenu mais entretiennent une relation particulière, propre à chacune. Cet aspect ludique est aussi quelque chose de très propre à ma propre pratique. Comme je m’occupe de l’aspect graphique de la maison d’édition, il est possible que ma vision déteigne un peu sur les autres projets ! Je pense aussi que les auteurs sont aussi amusés de se confronter à cette légèreté que nous affichons.

Avez-vous, pour finir, quelques nouveaux projets à nous faire découvrir?

Oui beaucoup ! Nous sommes en pleine période de réalisation. Il y a ce jeu vidéo Untilted(the game) dont je parle plus haut, qui va inaugurer une nouvelle branche plus multimédia de Martian’s Parlor, suivi d’une série d’autres projet numériques. Il y a aussi une publication papier de l’artiste Anouk Moyaux qu’il me tarde de voir publiée. Ce sera à nouveau une publication plutôt littéraire, mais qui sera aussi notre projet le plus proche de l’ufologie* (après un chapitre entier dédié à la communications avec les Martiens dans L’enseignement de San Francisco). Enfin, je ne tiens plus en place à l’idée d’évoquer notre imminent programme spatial … Mais je vais me garder d’en dire plus pour l’instant !

*Étude des ovnis et des phénomènes associés.

Comme eux, on a tous bien hâte de découvrir tous ces projets spatio-numériques, rendez-vous au BPS22 !

 

Aspëkt – Namur

Jean-François Flamey a pris un peu de temps ce week-end pour répondre à nos questions et nous en apprendre plus sur Aspëkt. Découvrez le travail riche de cette bande de photographes hyper dynamiques !

Aspëkt, c’est un collectif namurois de photographes? J’ai tout bon?

Presque tout bon. Aspëkt est certes un collectif mais qui prend également la forme d’une plateforme ouverte vers d’autres artistes.

En ce qui concerne la partie ‘collectif’, nous sommes une douzaine de co(a)gitateurs provenants en effet de Namur et sa région. Si la photographie est le langage qui nous réunit, plusieurs membres sont dans des démarches plus plastiques.

Johan ‘Mydatah’ Flamey par exemple. Il réalise exclusivement des pièces mélangeant de la sérigraphie, du collage, des détournements d’images imprimées ou des négatifs. Il débarquera d’ailleurs à Papier Carbone avec une première micro-édition.  Ensuite, plusieurs membres ressentent vraiment le besoin de sortir du classicisme de la photographie, de la croiser avec d’autres langages, de la désacraliser dans son contenu et dans sa matérialité. Il y a quelques semaines, lors de notre dernière exposition à Liège, Nathalie Hannecart avait opéré en chambre noire des transferts de ses propres photos sur les pages de vieux livres. Olivier Calicis quant à lui a exposé un carnet dans lequel des textes écrits de sa plume étaient placés en regard de ses photos. Lors d’une exposition précédente, il avait reconstitué un coin cuisine à l’italienne pour y présenter des Fuji Instax au milieu de bocaux, de plantes, de fleurs ou d’une Macchina da caffè traditionnelle.

Outre le fait d’être un collectif, Aspëkt revendique également une fonction de plateforme. Il faut savoir que notre activité principale est de monter des expositions lors des quelles il nous tient à coeur d’inviter des artistes extérieurs à notre groupe.

Depuis 2010, nous en avons monté 8 avec plus ou moins 80 artistes invités. Il est déjà arrivé que nous montions une exposition sans exposer aucun de nos propres travaux.

C’est bien là la particularité d’Aspëkt : inviter des artistes extérieurs au collectif à montrer leurs travaux aux côtés des nôtres. Car s’il est important de confronter son propre travail au regard du public, il est tout aussi intéressant de le confronter aux regards d’autres artistes. La confrontation, c’est notre manière à nous de re-questionner nos propres travaux. A chacun dans le collectif à s’en saisir à sa manière, selon ses aspirations.

Il n’est pas rare que des artistes ‘invités’ intègrent ensuite Aspëkt, ou que l’on se retrouve ensemble sur un projet monté par une autre structure, dans une autre ville. L’existence même de notre collectif est un magnifique prétexte à créer de la rencontre et du lien entre artistes et avec le public. Rester dans un entre soi artistique, culturel ou social serait vraiment la pire des attitudes

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le travail collectif? Vous travaillez ensemble ou côte à côte? Vous partagez une esthétique?

Nous avons un fonctionnement très organique. Chaque membre est artistiquement hyper actif de son côté, en solo ou impliqué dans d’autres projets à plusieurs têtes. Mis à part pour quelques-uns d’entre nous, il n’y a pas réellement de culture commune de l’image et nos approches respectives sont du coup assez différentes. Ce n’est pas grave, bien au contraire. Lorsque nous préparons une exposition, chacun respecte ce que l’autre désire montrer. Bien plus que dans l’esthétisme, nos valeurs communes se trouvent dans le respect des individualités et dans la capacité à échanger sur nos pratiques, à nous conseiller les uns les autres, à partager nos savoirs, à nous entraider.

Et puisqu’il faut bien parler d’esthétisme; vous trouverez toujours dans nos expos une grande variété de styles et de propos. Dés lors, c’est très excitant pour nous de travailler sur des accrochages qui amènent un certain rythme et qui laisse le choix aux spectateurs d’aimer ou de ne pas aimer ce qui se trouve sur les murs, pourvu que cela ne les laisse pas indifférents, qu’ils posent des questions, qu’ils expriment leurs ressentis, autrement dit, que cela aiguise leur sens critique face aux images ou aux démarches plastiques. Il va s’en dire que nous sommes toujours présents sur nos expos pour accueillir le public et provoquer l’échange.

J’ai entendu que vous étiez en train de faire une publication spéciale pour le festival, on peut en savoir plus?

Cette aventure de l’auto-édition est assez nouvelle pour nous. Il s’agit de notre deuxième publication en neuf mois alors qu’ Aspëkt existe depuis 2010. La première ayant été réalisée dans le cadre du lancement de la Galerie Josey Dakota, projet un peu fou de Vincent Beeckman à Recyclart.

Tout comme pour la première publication, le contenu de la deuxième est une juxtaposition d’images de chacun. Nous nous sommes créés une Dropbox dans laquelle tout le monde a déposé des images. Ensuite nous nous sommes réunis pour faire un editing, choisir le format, le papier, décider du budget, etc. 

Réaliser une publication revient pour nous à affirmer encore un peu plus ce que nous sommes, à renforcer nos valeurs communes expliquées plus haut tout en ajoutant la dimension de la circulation de nos images. Et puis, il s’agit ici de monter d’un cran la nécessité de travailler ensemble pour produire un objet commun. Au début de l’editing, il y avait autant de pistes d’assemblage d’images que de membres impliqués. L’art du consensus est bien plus important lors de la réalisation d’une publication que lorsque l’on travaille sur une exposition où chacun montre ce qu’il veut sur ses quelques mètres carrés attribués en mettant le budget qu’il désire pour ses impressions ou ses tirages. Une publication, cela a d’abord un coût partagé en parts égales, et puis les images sont mélangées… La responsabilité des uns envers les autres est accrue.

Concrètement pour Papier Carbone, attendez-vous à un journal type tabloïd, noir/blanc/couleur, limité à 100 exemplaires.

On a discuté de collages en rue… ça va se faire à Charleroi? Qu’est-ce qui vous intéresse dans cette pratique?

Une ville, ses murs, potentiellement la plus grande galerie au monde. Tel est le slogan de notre projet « mürmür » qui a débuté à Namur en 2016. L’idée est simplement de se réapproprier l’espace public de plus en plus privatisé tout en respectant le plus intelligemment possible les bâtiments, leurs propriétaires et les passants qui découvrent les collages le lendemain matin. Apparemment la cohabitation se passe bien car de nombreux collages sont encore là un an après, même en plein coeur du vieux Namur pourtant conservateur et où la politique du graffiti est réprimée par les autorités.   

« mürmür » est une manière pour nous d’appréhender la ville autrement. La nuit, tout est différent : la perception des bâtiments, l’environnement sonore… et puis les rencontres avec les rares passants sont plus intenses. Outre Namur, nous nous sommes essayés à Bruxelles et à Liège, il n’y a pas de raison que cela soit différent à Charleroi. 

Vous avez un peu regardé les noms et le travail des autres participants? Il y a des choses qui vous interpellent particulièrement?

Personnellement, hâte de prendre en mains le « Filtr n°0 » de Filtre Editions, de me plonger dans les publications des éditions Mékanik Copulaire, Caroline Karst, Benjamin Monti, Martian’s Parlor Entertainment, Micropress Hypnotisme, My Monkey, Papier Machine, Projet Albert de Visscher, Surfaces Utiles, Revue Boustro, indekeuken, de retrouver les amis de La Houle et de me laisser surprendre par un tas d’autres créatifs.

Jean-François Flamey, pour Aspëkt
Le 5 février 2018, Namur

http://aspekt-namur.tumblr.com/

Les co(a)agitateurs d’Aspëkt : David Ameye, Kristel Brusadelli, Olivier Calicis, Olivier Cellière, Caroline Derselle, Sandra Eterovic, Jean-François Flamey, Johan «Mydatah» Flamey, Gaëlle George, Elodie Grégoire, Nathalie Hannecart, Denis Tancredi, Olivier Van Rossum.

Hélène Drénou – Bruxelles

Les jours passent, courent, volent, bientôt le D-Day !  Le super programme se précise, la liste des artistes présents s’allonge et on compte les jours à rebours, comme à Noël.
Aujourd’hui la gentille Hélène nous parle de son chouette travail, à ne pas manquer sur le marché du festival ! (En fait, absolument rien n’est à manquer, sachez-le …)

Hélène Drénou – Bruxelles, BE

Je suis une jeune artiste en dernière année d’études. Donc je n’ai pas encore d’atelier à moi. Je suis originaire de Rennes où j’ai effectué des études de graphisme publicitaire avant de tourner la page vers un univers qui m’attirait beaucoup plus ! Je suis aujourd’hui à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles à l’atelier de sérigraphie. Ca va faire cinq ans que j’y suis et que je pratique cette technique.

As-tu une pratique particulière pour certains usages?

En terme général, c’est la pratique de l’impression qui m’intéresse. Sous tout type de formes et tout type de techniques. Aussi bien dans l’intérêt de créer une édition, des estampes, que
d’explorer les médiums. Après, ma technique phare reste la sérigraphie. Et cette technique est très vaste !

Quels rapports entretiens-tu avec la micro-édition?

J’adore le monde de la micro-édition ! J’en fais un peu partie depuis maintenant trois ans, quand j’ai commencé un fanzine avec une amie, Ninon Mazeaud, son petit nom c’est Dezine.
Je pense plus que c’était un acte spontané, des envies communes de créer un objet-livre qui nous faisait découvrir d’autres illustrateurs, jeunes artistes et simplement de créer quelque chose qui nous ressemblait à l’époque. Le côté éthique est rentré en jeu en effet, par des moyens léger, nous arrivions à produire notre zine. Et puis c’est un fanzine participatif, donc l’idée de base c’etait le partage. C’est quelque chose qui me plaît de pouvoir créer avec peu de moyen, mais sans pour autant mettre de côté l’esthétique. Il faut juste être malin !

Quelles relations partages-tu avec les différents artistes/éditeurs qui t’entourent?

Ce qui est génial avec cette communauté, aussi vaste soit-elle, c’est qu’il y a pas mal d’entraides, de communication et beaucoup beaucoup de passion. Du coup via les salons on tisse des relations professionnelles et/ou amicales ! Beaucoup de fanzines font des appels à participations, donc ça permet de se repérer un peu les uns les autres, et de construire des liens entre nous.
Pour l’instant je suis beaucoup dans mon travail personnel et mon mémoire étant donné que je suis dans ma dernière année d’étude, mais cela ne m’empêche pas quand même de planifier
bientôt le dernier numéro de Dezine et de créer des petites éditions avec un autre ami, Christophe Suzanne, avec qui je partagerais ma table à Papier Carbone !

Des petites influences à nous partager?

Oula ! Trop de découvertes chaque jour … Mais en ce moment je regarde pas mal les illustrations et mises en page de Paul Cox, toujours aussi simple et efficace.
Sinon un autre Paul, cette fois-ci un peintre, Paul Wackers, si vous aimez les plantes et les vases avec pleins de couleurs, et une technique parfaitement maîtrisée, c’est par ici. Et je sais pas si c’est une influence, mais il faut aller voir les illustrations de Mouni Feddag !

Et pour finir, quelques projets tout neufs à nous partager?

Haha zut, j’ai anticipé cette question ! Comme dit plus haut, le vrai dernier numéro de Dezine. On est encore sur les détails techniques mais il va bientôt prendre forme ! Et sinon je viens d’imprimé en sérigraphie mon dernier livre : « Chemin faisant » qui est une petite balade visuelle entre des formes. Avec de l’imagination et la superposition des couleurs, tout un parcours s’offre à nous. Il sera présenté et disponible pour la première fois à Papier Carbone !

 

Merci à Hélène pour ce bel aperçu et ces jolies images. N’hésitez surtout à parcourir son site plein de super visuels, et à tantôt au festival ! Stay tuned !
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Les Editions Abstraites – Bruxelles

Dans la continuité de nos jolies découvertes graphico-artistiques, on passe aujourd’hui un petit moment avec Nina et José, des Editions Abstraites !

Les Editions Abstraites – Bruxelles, BE

Les Editions Abstraites est une petite structure d’auto édition formée par Nina Cosco et José    Parrondo. Nous sommes tous les deux auteurs illustrateurs.
Nina vit et travaille à Bruxelles, artiste pluridisciplinaire pratiquant la tapisserie, la céramique, le dessin et l’écriture.
José, liégeois, est publié par divers éditeurs jeunesse et bande dessinée depuis 1995 (L’Association, Le Rouergue, Mémo, Delcourt, Les Requins Marteaux).
Des références et des envies communes les ont amené à créer un projet leur permettant d’échanger des mots et des images.

Quels types de pratiques avez-vous pour produire ces éditions communes?

Nous utilisons principalement la risographie comme technique d’impression pour nos ouvrages et nos affiches. Comme cette technique est assez spécifique, nous aimons aussi nous diriger vers des technique d’impression plus courantes comme le digital afin d’élargir les possibilités.

Quels rapports entretenez-vous avec la micro-édition? Est-ce une philosophie que vous partagez?

Nous avons chacun un rapport particulier avec le monde de la micro-édition.

Nina : Dans mon cas, c’est une manière de publier sans avoir les contraintes de travailler avec des éditeurs. Je mène à ma manière un projet du début jusqu’à la fin, c’est parfois difficile pour beaucoup de raisons (frais d’impression, travail de maquette, diffusion), mais c’est un travail complet qui me passionne. Ce que je raconte peut faire référence à des situations réelles mais celles-ci sont introduites dans mes livres d’une manière détournée et souvent absurde.

José : Je pratiquais l’auto-édition en photocopie au début des années nonantes et j’y suis revenu récemment car, même si je me sens bien chez mes éditeurs, il me manquait cette excitation particulière du « fait-maison ». Publier avec Nina m’offre un terrain d’expérimentation et une certaine immédiateté. Acte poétique ou politique ? Un peu les deux ! (et je pense que Nina est du même avis ! ).

Entretenez-vous des rapports particuliers avec les différents artistes ou éditeurs qui vous entourent? Des petits collaborations, peut-être?

Nous sommes amenés à croiser régulièrement les mêmes éditeurs indépendants sur les salons et cela crée une forme d’émulation ! Cela peut parfois déboucher sur des collaborations mais, même sans cela, les rencontres peuvent être très riches et nous donnent l’énergie nécessaire pour continuer.
Au passage, spéciale dédicace à Laurent et Nicolas, les petits chatons des éditions Matière. Sans eux c’est sans nous. (sauf pour cette fois :))

Peut-être seront-ils parmi nous l’année prochaine! De jolies influences à nous faire découvrir?

En peinture nous sommes tous les deux très fans de Walter Swennen. Sa technique brute et son apparente simplicité peuvent par exemple magnifier un vieux pneu, un canard, une araignée …L’autre aspect qui nous séduit est la diversité de son approche (écriture peinte, abstraction/figuration, fougue). Pour les mêmes raisons, le travail de Paul Cox nous touche énormément aussi.
Dans l’édition, les histoires extravagantes de Benoit Jacques (qui d’ailleurs publie lui-même ses ouvrages) ou les écrits et les dessins aussi forts que délicats de Géraldine Kosiak.

Que des super artistes! Et pour finir, des chouettes projets à nous partager?

Nina : Deux livres sont en préparation. J’espère avoir le temps de les imprimer pour l’occasion. Je m’essaye davantage à l’écriture, c’est un exercice qui me prend beaucoup de temps et illustrer ces écrits là me semble encore très compliqué mais ça va venir !

José : J’ai toujours un livre en cours; lorsque j’en termine un j’ai des éléments qui relancent le suivant, à moins que ce ne soit toujours le même livre qui se recrée (grand questionnement!)
En tout cas, j’aimerais que dans le prochain livre les frottements ou interactions entre les textes soient le moteur principal.

 

 

 

Merci beaucoup à Nina et José pour leur gentille contribution à cette belle bande-annonce !
Encore un peu de patience, et vous pourrez enfin savourer leurs beaux projets !

 

Burning House Books – Falmouth

A new week begins and is approaching D-Day! One month exactly separates us from the expected weekend. To wait, make you dream, and to continue feeding our beautiful selection, here’s today a nice interview of the sweet Aimee Bea Ballinger

Une nouvelle semaine commence, et on s’approche à grands pas du jour-J ! Un mois très exactement nous sépare du week-end tant attendu. Histoire de patienter et de vous faire saliver, pour continuer d’alimenter notre belle sélection, voici aujourd’hui une jolie interview (en anglais) de la douce Aimee Bea Ballinger :

Burning House Books – Falmouth, UK

My name is Aimee and I founded and run Burning House Books, a UK based online and pop-up independent bookstore specialising in queer* histories and female identifying writers and artists.

*Queer encompasses all gender and sexual orientations. It is a more fluid term (compared to LGBTI or man / woman, which are more fixed terms) that allows to recognize a difference, without having to define it rigidly.

Je m’appelle Aimee, j’ai fondé et je dirige Burning House Books, une librairie indépendante en ligne basée au Royaume-Uni et spécialisée dans des histoires queer* et de femmes artistes-écrivaines.

* Queer englobe tous les genres et les orientations sexuelles. Il s’agit d’un terme plus fluide (comparativement à LGBTI ou homme/femme, qui sont des termes plus fixes) qui permet de reconnaître une différence, sans avoir à la définir de manière rigide.

What kind of relationships do you maintain with mircopublishing?

Pretty much all the books that I stock are either self-published by the artist themselves or from small publishers all over the world. I love independent publishing because it allows me to have more direct contact with the artists and writers and in turn strengthens this community. I also think that the DIY and micropublishing world is the perfect antithesis for spending too much time online. I think it’s so important to keep creating beautiful, informative and tactile things that you can hold in your hands and read without the impersonal boundary of a screen.

Presque tous les livres que je stocke sont auto-édités par l’artiste lui-même ou de petits éditeurs venant du monde entier. J’adore la publication indépendante car cela me permet d’avoir un contact plus direct avec les artistes et les écrivains et de renforcer cette communauté. Je pense aussi que le monde du DIY et de la micropublication est le parfait remède pour passer moins de temps en ligne. Je pense qu’il est vraiment important de continuer à créer des choses belles, informatives et tactiles que vous pouvez tenir entre vos mains et les lire à travers sans la frontière impersonnelle d’un écran.

Is it more a poetic or political act?

I would say that Burning House Books as a project is more political than poetic. I am constantly looking out for work that reinforces my own left wing beliefs. My favourite kind of books are those that challenge or call to account the violent conservatism that is currently plaguing our world. I don’t have a lot of interest in things that exist purely for their aesthetic value.

Je dirais que Burning House Books est plus politique que poétique. Je suis toujours à la recherche d’un travail qui renforce mes propres croyances de gauche. Mes livres préférés sont ceux qui sévissent actuellement dans notre monde. Je n’ai pas beaucoup d’intérêt pour les choses qui existent uniquement pour leur valeur esthétique.

Some nice influences to make us discover?

I have SO many influences that it would be difficult to name them all! One of my most favourite bookshops in the world is News From Nowhere in Liverpool, UK. It’s a radical, non-profit community bookshop that’s been run by a women’s co-op since 1974. Their selections are always amazing and I’ve never come away from a visit without an armsfull of new things. Other influences include Another Country Bookshop (Berlin), Wet Satin Press (London), Feminist Press (NYC) and Fish Factory Art Space (Falmouth, UK). My ultimate inspiration is probably David Wojnarowicz, a mixed media artist, writer and prominent AIDS activist from the 1980’s NYC East Village art scene. The name Burning House Books is actually taken from one of his paintings. For me, Wojnarowicz represents an intelligent, perceptive and persistent working class voice tirelessly working to disseminate real emotion and truth is a world filled with violent lies.

J’ai tellement d’influences qu’il serait difficile de les nommer toutes! L’une de mes librairies préférées du monde entier c’est News From Nowhere à Liverpool. C’est une librairie communautaire radicale et sans but lucratif gérée par une coopérative de femmes depuis 1974. Leurs sélections sont toujours incroyables et j’en sors toujours avec les bras plein de nouvelles choses ! D’autres influences incluent Another Country Bookshop (Berlin), Wet Satin Press (Londres), Feminist Press (NYC) et Fish Art Factory Factory (Falmouth, Royaume-Uni). Mon inspiration ultime est probablement David Wojnarowicz, un artiste des médias mixtes, écrivain et militant proéminent du sida de la scène artistique NYC East Village des années 1980. Le nom Burning House Books est en fait tiré d’une de ses peintures. Pour moi, Wojnarowicz représente une voix ouvrière intelligente, perspicace et persistante qui travaille sans relâche pour disséminer l’émotion réelle et la vérité est un monde rempli de mensonges violents.

 To conclude, have you some brand new projects to share with us ?

I am currently working on a writing and publishing project with my partner, Ben from Spaghetti for Brains (who I’ll be sharing a table with at Papier Carbone!) SFB publishes small editions of politically charged short stories and essays, expertly illustrated with collages by Ben. He’s going to be publishing an illustrated short story of mine. It’s so much fun to bring ideas together and I hope we can work on bigger and better things in the future.

Je travaille actuellement sur un projet d’écriture et de publication avec mon partenaire, Ben de Spaghetti for Brains (avec qui je partagerais mon stand à Papier Carbone!). SFB publie de petites éditions de nouvelles et d’essais politisés, illustrés de manière experte avec des collages. Il va publier une de mes nouvelles illustrées. C’est tellement amusant de rassembler des idées et j’espère que nous pourrons travailler sur des choses plus grandes à l’avenir !

Thank you very much Aimee for these beautiful answers! We can’t wait to see your selection and your nice work! See you soon at the festival!

Merci beaucoup Aimee pour ces belles réponses ! On a tous hâte de voir ta sélection et ton chouette boulot !
On se voit bientôt au festival !

 

MyMonkey – Nancy

Un troisième aperçu des talentueux artistes participant au festival !

Petite discussion ici avec une association pleine de belles ambitions.

MyMonkey – Nancy, Fr

« Nous sommes My Monkey, une association qui promeut le design et les arts graphiques contemporains depuis 15 ans. Entre autres, nous animons une galerie et un atelier/studio partagé, nous réalisons des éditions, et nous accueillons des artistes en résidence. Les trois bénévoles de la structure Frédéric Rey, Morgan Fortems et Thomas Bouville sont graphistes, artistes, typographes et très gentils. Le projet s’est construit de manière empirique avec pour unique motivation le partage des cultures liées à nos pratiques et la rencontre. »

A quelles pratiques graphiques et artistiques vous confrontez-vous? Pour quels usages?

Notre action est centrée sur le design graphique et l’illustration mais nous explorons sans vergogne la porosité avec les autres formes de création 
comme l’art contemporain, le design, la photographie, la vidéo, l’architecture, la performance. Nous nous intéressons tout autant aux écritures artistiques, aux démarches expérimentales et conceptuelles qu’à celles qui s’inscrivent dans des projets de commande, parfois plus commerciales.

Votre rapport à la micro-édition est-il d’abord esthétique ou politique? Les deux, peut-être?

En tant que graphistes, de toute évidence nous sommes très attachés à l’objet imprimé. La micro-édition est un moyen d’expression et un outil simple et pratique de culture qui permet de diffuser avec peu de moyens toutes sortes de messages. Peu importe qu’ils soient sensibles, techniques ou philosophiques, ce qui compte c’est qu’ils soient les garants d’une diversité de parole, d’alternative et de liberté. D’autant plus à une époque où les esprits semblent se resserrer !

En effet, c’est important de savoir prendre le parti d’une diversité de publications!
Quels types de liens alimentez-vous avec les différents artistes ou éditeurs  qui vous entourent?

Nous organisons principalement des expositions solos avec une sélection internationale. Nous mettons aussi en place des partenariats et accueillons régulièrement des expositions programmées par des « invités ». Nous nous efforçons ainsi à valoriser les structures locales et limitrophes, tout ce tissu d’alter ego associatifs et collectifs qui comme nous essaient avec peu de moyen et en toute indépendance de diffuser des pratiques émergentes, marginales ou connectées loin des pratiques institutionnalisées.

Au fil des années, nous avons fait beaucoup de rencontres et nous avons aujourd’hui tout un réseau d’amis ou de partenaires (artistes, associations,  écoles, réseau trans-européen Image regroupant festivals, salons, colloques et galeries de design graphique). Grâce à cela, nous pouvons monter ou participer à des projets de plus grande ambition et travailler sur des expositions collectives. Par exemple, ces dernières années, nous avons pu concevoir la grosse exposition collective Eigengrau, participer à des salons en Corée, collaborer avec Weltformat en Suisse, le Graphic Design Festival Scotland .. et, bien entendu, collaborer avec plein de structures françaises !

Ça fait rêver toutes ces belles expos! Peut-être des jolis projets tout frais à nous partager, pour terminer?

Pour les mois à venir, on a déjà pas mal de choses dans les tuyaux : nous accueillons Sophie Lécuyer en résidence pour son premier film d’animation et le duo My Name is Wendy présente Transistor Darlington sur nos cimaises. Au printemps nous aurons une exposition du duo néerlandais Team Thursday puis du français Dans le ciel tout va bien. Entre temps, nous participerons à la biennale de Brno en République Tchèque et notre imprimante riso devrait produire quelques ouvrages. Guettez aussi notre site ou Facebook, car nous lançons un appel à projet pour une exposition collective intitulée Science Friction !

A tantôt alors, rendez-vous les 23, 24 & 25 février pour rencontrer l’équipe de MyMonkey in real life …

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